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Paranoïa commence par un P majuscule, et finit par un petit a.

Il faut ouvrir la bouche trois fois : la première en commençant par un P qui s’ouvre pour le a, la deuxième est interrompue par le r qui s’ouvre à nouveau pour le a, et dans la troisième, l’ouverture est interrompue par un no, ou plutôt un noï, pour finalement enchainer avec le dernier et le plus long, ou le plus mélodieux aaa – et c’est ce même a qui vous invite à terminer le mot avec la bouche ouverte.

La bouche ouverte est un signe de stupéfaction, et peut être celui d’un traumatisme, ou d’un cri (comme dans le fameux cri de Munch). Ça peut être l’expression d’une joie sexuelle, ou bien une bouche électrifiée par un fouetteur qui aime cracher dedans.

On m’a demandé d’écrire trois rapports à propos de mon travail intitulé «I Strongly Believe In Our Right To Be Frivolous (Je crois fermement en notre droit d'être frivole) ». Le dernier rapport, celui-ci, devrait rester affiché en ligne sur la page de projets KLF, alors que les deux premiers peuvent ne pas être directement visibles.

Lorsque j’étais en train d’écrire ce rapport, je ne peux m’empêcher de penser à haute voix, en me posant ces questions probables :

Quelle est la différence entre réaliser une œuvre d’art, et écrire à son sujet ? Entre la montrer dans un espace, l’accrocher avec les doigts sur un mur réel par exemple, ou la publier sur Facebook, ou sur une page virtuelle, comme c’est le cas, sur la page de projets KLF, où on sait pertinemment qu’à tout moment, 24 heures sur 24, quelqu’un va pouvoir la regarder. Naturellement, il ne va pas voir l’œuvre réelle, mais un peu de ses images, en plus il va lire mes trois rapports là-dessus, et essentiellement, il va voir en premier ce dernier rapport, puisque les deux autres ne seront pas directement visibles.

 

Il arrive souvent, quand je relis un rapport ou même un texte à propos de mes œuvres d’art, que j’avais écrit avant des semaines, que j’ai des doutes sur sa pertinence, et j’avais toujours envie de le changer. Il est bien sûr trop tard pour le faire. Alors j’ai appris à ne pas relire ce que j’ai écrit sur le sujet de mes œuvres, j’ai appris à censurer mes doutes. Mais cela semble ne pas être juste, ce qui semble le mieux pour moi est de « laisser les œuvres parler d’elles-mêmes ». Si l’artiste écrit à propos de son travail, cela veut-il dire que l’œuvre est en train de parler d’elle-même ? Ca va être un double ennui, parce que c’est l’artiste qui va essayer d’interpréter son propre travail, en révélant un certain conflit, en exposant son procédé ou sa réalisation (comme pour les films par exemple), et le moment où il devient « art ».

 

Est-ce que ce n’est pas vrai qu’à « la place de l’herméneutique, on a besoin de d’une érotique de l’art ? C’est par cette phrase que le fameux essai de Susanne Sontag, Contre l’interprétation, se termine.

 

 Je crois fermement que chaque œuvre d’art a une vie, mais elle a besoin aussi du temps pour atteindre la maturité et pour qu’elle soit regardée d’une manière appropriée. Une œuvre d’art a besoin de cet échange avec les gens qui la regardent, afin d’obtenir son indépendance et de révéler toutes ses facettes. Il y a des fois où après quelques années, elle peut s’attirer d’autres connotations.

 

Mais comment un artiste peut-il gérer ce moment de publication en ligne, quand il écrit un rapport au sujet de son travail ? Et comment je vais gérer tout ça, particulièrement avec mon œuvre « Je crois fermement en notre droit d'être frivole » ? 

 

Je dois avouer que le troisième rapport est le plus dur à écrire, contrairement aux deux premiers que j’ai réussi à écrire avec une certaine légèreté et sans se faire beaucoup d’idées. J’ai rédigé ce rapport pour montrer que mon œuvre presque touche à sa fin, ce qui est vraiment dur pour moi. J’ai bien lutté pour la voir aboutir.

 

Ce qu’il y a de mieux durant mon travail sur l’œuvre Je crois fermement en notre droit d'être frivole, est cette sensation de continuité, un sentiment que ce travail peut ne pas être achevé. En fait, j’ai senti cela avec chaque œuvre réalisée jusqu’à présent, et chaque fois, j’imagine que je vais faire ce que je fais d’une façon éternelle, sérieusement à jamais !

Depuis 2013, je me suis entretenue avec des personnes et des familles déplacées. Tout a commencé quand la révolution syrienne s’est transformée en guerre, et environ un million et demi de réfugiés sont arrivés au Liban. Dès le début, j’ai rencontré ces individus en guise de souhaiter à ces formidables nouveaux visages la bienvenue dans Beyrouth, mais aussi pour lutter contre les actes de racisme et les aider à surmonter les nombreuses difficultés auxquelles ils se sont heurté dès leur arrivée sur les terres libanaises. Le Liban était un pays dévasté, contrairement à ce que les personnes venant de la Syrie avaient entendu sur les chaînes de la télévision avant 2011, ou imaginé avant d’être obligés de vivre sur son territoire. En outre, l’histoire entre les deux pays est très compliquée. Les syriens et les libanais, même en pleine crise, sont toujours incapables de voir les choses sans préjugés. Comme les désastres se succèdent, il n’y avait absolument pas de temps pour réfléchir ; la réflexion était un luxe que nous ne pouvions pas nous permettre.    

Depuis 2015, plusieurs amis syriens que j’ai rencontrés au Liban étaient contraints de fuir l’Europe, parce qu’à partir de cette année-là, ils devraient s’arranger pour les parrainages pour être autorisés à rester au Liban, outre les démarches administratives très coûteuses. En plus, à un certain âge, les jeunes hommes vont être appelés à l’accomplissement du service militaire en Syrie, alors ils se sont sentis très vulnérables au Liban. Si un problème survient, ils finiront par être envoyés à l’armée syrienne, ou l’une des factions belligérantes va les prendre. S’ils sont des clandestins ou des personnes qu’on considère illégales (même si elles sont légales), ils vont finir par être arrêtés par la police et entassés dans les prisons sombres et racistes du Liban. De ce fait, j’ai suivi leurs traces, et je suis allée les rencontrer là-bas, dans les camps où ils étaient reçus dans plusieurs pays européens. 

 

Au début, je voulais vérifier et s’assurer qu’ils allaient bien. Malheureusement, je me suis vite rendu compte qu’ils devraient passer un bout de moment absurde avant d’obtenir le statut de réfugiés, tout en sachant que la plupart d’entre eux n’étaient pas des réfugiés au Liban, et qu’ils détestent être considérés ainsi. Mais une fois en Europe, ils ont commencé à souhaiter qu’ils soient reconnus comme des réfugiés dans le « vieux continent ».  

 

Peu à peu, après avoir visité des amis proches dans les camps et passé du temps dans plusieurs endroits – commençant par le nord en me dirigeant vers le sud jusqu’à presque arriver à Beyrouth, (du Norvège, au Pays-Bas, l’Allemagne, la Grèce et la Turquie – j’ai rencontré des réfugiés qui ne sont pas venus seulement de la Syrie bien sûr. Beaucoup d’entre eux ont fui l’Afghanistan, l’Ethiopie, l’Erythrée et la Somalie, sans parler de l’Iraq et de l’Iran et plusieurs autres pays.       

  

Après avoir visité plusieurs camps et regardé comment les gens ont repris leurs vies loin des camps, malheureusement j’ai réalisé que les membres de chaque groupe ethnique collent ensemble sans côtoyer les autres. La langue et la culture/histoire partagée joue un rôle majeur bien sûr, mais ce n’était pas la seule raison. Le plus important, en continuant mon travail depuis l’Europe, c’est que j’ai compris que je devrais m’entretenir avec des gens appartenant à plusieurs groupes ethniques, puisqu’ils étaient déjà là, et que ça serait une excellente opportunité de les rencontrer. J’ai pensé aussi à susciter des rencontres entre ces communautés et encourager leur mixité. Serais-je capable de le faire ? En Grèce, j’ai travaillé avec une association extraordinaire qui s’appelle Melissa, et qui était particulièrement formidable parce qu’elle refuse de travailler seulement avec les réfugiés syriens. Les initiatrices de cette association sont six femmes d’Athènes, parmi elles cinq sont des immigrantes avec des permis de séjour, et même leurs papiers sont en cours (même si elles sont arrivées des Philippines, de la Somalie ou de l’Ukraine il y a quinze ans, et ont fait le plus dur des boulots en Grèce).

 

Au Liban, je ne me contentais pas seulement de dessiner les réfugiés. Les syriens que j’ai rencontrés ont plusieurs statuts : des docteurs qui travaillent à l’Université Américaine (qui ont besoin d’un permis de séjour au Liban, et qui devraient éprouver des sentiments d’anxiété lors du renouvellement de leurs permis tous les quelques mois), des activistes politiques qui vivent dans la clandestinité, et surtout des jeunes qui travaillent dans les bars et les institutions d’art, ou qui aident les réfugiés dans les camps, et qui travaillent dur pour essayer d’échapper à l’étiquette de réfugié et se développer dans un endroit difficile mais enrichissant comme Beyrouth – enrichissant à cause de la présence des groupes mixtes qui sont en train de lutter pour survivre, se faire entendre et pour être reconnus, mais aussi à cause de la présence d’une société civile forte et active, malgré le non-fonctionnement et la forte corruption de cet état parasite.

 

Toutefois, j’ai remarqué que les syriens qui ont été enregistrés et reconnus comme des réfugiés par les Nations Unis n’ont aucun problème d’être désignés comme réfugiés. D’habitude, ils attendent que les Nations Unis les appellent pour embarquer au Canada ou vers un pays européen. Les chanceux d’entre eux ont sont déjà partis ; ils préfèrent le Canada à l’Europe, car ils pensent qu’ils y trouveront beaucoup plus de chances, et qu’ils y seront mieux traités. Les responsables canadiens ont exprimé leurs solidarité avec les refugiés syriens. Depuis lors, j’ai rencontré par exemple quelques personnes qui, après avoir été enregistrées comme des réfugiés en Allemagne, ont essayé (en vain) de fuir vers le Canada à travers un aéroport en Norvège. A Beyrouth, j’ai aussi remarqué que le HCR appelle les plus qualifiés d’entre eux et les envoie au Canada, l’Allemagne, le Suède ou toute autre destination. Il fait attendre le reste des réfugiés pour des années. N’est ce pas injuste de traiter des millions de réfugiés de cette manière ? Des fois, la rapidité avec laquelle on reçoit un appel téléphonique dépend de l’origine ethnique du réfugié.  

 

Que ce soit à Beyrouth ou en Europe, chaque fois que je rencontre quelqu’un, on s’assoit d’habitude ensemble et on procède à prendre des notes à propos de notre conversation. Je commence à tracer le portrait de cette personne, et cela peut inclure des détails comme leurs mains, un détail lié à un sujet abordé ou même des choses qu’ils me demandent de dessiner à côté de leurs portraits.

 

Nos rencontres étaient des conversations enregistrées. Chaque conversation permet une sorte de va-et-vient et d’entente. Si quelqu’un ne comprend pas ce qu’a dit l’autre, il/elle peut poser la question : qu’est ce que tu as dit ? Ou qu’est ce que tu veux dire ? Je crois que cela constitue un aspect important de mon travail.

 

Je rédige et je dessine nos rencontres sur un carnet jaune. J’ai choisi un bloc-notes jaune simplement parce que c’est ce qu’on peut trouver dans tous les bureaux et toutes les librairies du Liban ; c’est le type de bloc-notes que j’ai toujours utilisé au cours de mes entretiens avec les gens, ou lors de mon travail de recherche. Je l’aime bien car je peux tourner la page avec aisance, et ça permet une bonne fluidité. J’aime le fait qu’il ne soit pas blanc (alors je ne suis pas obligée de faire face à une page ou une toile typiquement blanche), ni bleu ou rose (comme par exemple la couleur de la carte d’identité turque, bleu pour les hommes et rose pour les femmes). En plus, grâce à ses lignes, il permet de faire des dessins et des textes. Enfin, il est l’un des produits locaux du Liban qui dispose d’une qualité qui est relativement bonne.

 

Alors ce papier jaune est devenu comme une peau pour mon travail ; je l’emporte avec moi partout où j’allais. Si jamais je l’oublie, j’utilise exceptionnellement un autre carnet ou des papiers trouvés. A Athènes par exemple, j’ai dû utiliser un autre car j’ai oublié le mien, alors je suis tombée sur un carnet local, qui ressemble au mien, mais il était blanc avec des bandes grises sur ses pages.

 

Concernant les broderies, j’ai travaillé sur quelques portraits tout en dessinant leur  « essence » sur un textile beige. Je les ai brodés avec l’aide de quelques femmes réfugiées (plus de détails sur cela se trouvent dans mon rapport précédent). A ce stade, je me suis rendu compte que le travail de broderie que j’étais en train de faire est très personnel, et que je pouvais alors continuer à travailler seule, pour compléter toutes les broderies, tout en espérant qu’elles vont être exposées l’année prochaine à Athènes.  

 

Mais attendez une seconde, ai-je la moindre idée comment finir ce rapport ?

 

Si l’artiste écrit à propos de son travail, cela veut-il dire que l’œuvre parle d’elle-même ? Mais dans ce cas, j’admets encore une fois que l’idée est que chaque artiste doit « prétendre » de quitter son travail et écrire à son sujet, presque comme un outsider, comme un nouveau spectateur.

« Salut, ce n’est pas moi qui ai réalisé cette œuvre d’art ; alors je suis capable d’écrire à son sujet d’une manière sèche ». L’artiste.

 

Ou peut être, je peux dire que je suis en train de rédiger ce rapport en m’espionnant sur moi-même. Et au lieu, par exemple, de le livrer au régime, à un dictateur, ou plutôt à la garde du dictateur, ou peut être à un Emir de l’Etat Islamique, je vais le publier sur Internet. Le dictateur ou l’Emir, et leurs gardes sont libres de le voir ou non. De toute façon, le dictateur est très occupé pour le lire, mais le choix reste toujours valable. Qu’en est-il d’al Qaeda en Afghanistan ?  

 

Le dictateur dans ce contexte peut être n’importe qui, et il est partout en fait. Et si vous embarquez dans un voyage de paranoïa, vous allez comprendre qu’il n y a pas de limites, puisque on vit dans le temps Internet, et sur les pages Facebook – surtout que ceux qui viennent des zones de conflits dépendent énormément de Facebook, et vivent en immersion totale dans ses pages.

 

Ces jours-ci je me demande, est ce qu’on rencontre les gens pour les ajouter à la liste d’ami sur Facebook ? Est ce qu’on publie des statuts pour révéler ce qu’on pense ou pour « afficher » qu’on est en train de penser, ou sentir? Ca c’est un autre sujet qui marque heureusement la fin de ce rapport.

À propos de l'artiste

Le travail visuel de Mounira Al Solh englobe la vidéo, la peinture, la broderie et la performance. L'intégration des thèmes sociaux et politiques ancrés dans la vie quotidienne se reflète dans la recherche, ainsi que dans la production, la présentation du travail et dans le rôle d'enquêteur de Mounira. L'art de Mounira Al Solh aspire à poser de grandes questions dans des espaces réduits, fonctionnant selon la notion de Ginzburg de la micro histoire. L'humour fait étonnamment partie intégrante du travail de l'artiste, masquant le traumatisme par le rire, moyen de le traiter.

En tant qu'éditeur du magazine NOA (Not Only Arabic), un geste performatif coédité avec des collaborateurs comme Jacques Aswad et Mona Abu Rayyan, et de l'école de langue NOA (avec Angela Serino), Al Solh explore des sujets tels que la trahison, l'arrestation, la fragmentation du langage et de la schizophrénie dans le dialogue avec les artistes et les écrivains.

Son travail a été exposé à la Biennale de Venise, Galerie Sfeir-Semler, Beyrouth ; Kunsthalle Lisbonne, Portugal ; Art in general, New York ; Pavillon libanais à la Biennale de Venise ; Homeworks, Beyrouth ; Le New Museum, New York ; Haus der Kunst, Munich ; Manifesta 8, Murcia, Espagne ; La Galerie d'art Guilde, Mumbai ; Stedelijk Museum Bureau Amsterdam, Pays-Bas ; Al Riwaq Art Space, Manama, Bahreïn ; Institut Kunst-Werke pour l'art contemporain, de Berlin et de la 11e Biennale internationale d'Istanbul.

En 2003, elle a reçu le Prix de Peinture Kentertainment au Liban et sa vidéo « Rawane's Song » a reçu le prix du jury au VideoBrasil en 2007. Elle est lauréate du prix Uriot à la Rijksakademie, et a été nominée pour le Prix Volkskrant aux Pays-Bas en 2009. Plus récemment, elle a été finaliste pour le Prix Art groupe Abraaj 2015.

Mounira Al Solh a étudié la peinture à l'Université libanaise de Beyrouth (LB) et les beaux-arts à l'Académie Gerrit Rietveld à Amsterdam (NL), où elle était également résident de recherche à la Rijksakademie en 2007 et 2008.

Al Solh est aussi professeur invitée dans diverses écoles d'art aux Pays-Bas et à Beyrouth, et elle est représentée par la Galerie Sfeir-Semler, à Beyrouth et Hambourg. Elle vit et travaille entre Amsterdam et Beyrouth.

Mounira Al Solh est une artiste libanaise. Elle est diplômée en peinture de l’Université Libanaise et a continué son parcours à la Rietveld Academy (beaux-arts). Son travail visuel rassemble vidéo, peinture, broderie et performance. A travers ces pratiques, l’artiste enquête sur des thèmes sociaux et politiques qui sont ancrés dans notre vie quotidienne. Ses projets aspirent à poser de grandes questions dans des espaces très réduits, fonctionnant selon la notion de Ginzburg de la micro histoire. L'humour fait étonnamment partie du travail de l'artiste, qui n’hésite pas à traiter le traumatisme par le biais du rire. En tant qu'éditeur du magazine NOA (Not Only Arabic), un geste performatif coédité avec des collaborateurs comme Jacques Aswad et Mona Abu Rayyan, et de l'école de langue NOA (avec Angela Serino), Al Solh explore des sujets tels que la trahison, l'arrestation, la fragmentation du langage et de la schizophrénie dans le dialogue avec les artistes et les écrivains.
Son travail a été exposé à la Biennale de Venise, Galerie Sfeir-Semler, à Beyrouth ; au Kunsthalle Lisbonne, Portugal; Art in general, New York; Pavillon libanais à la Biennale de Venise; Homeworks, Beyrouth; Le New Museum, New York; Haus der Kunst, Munich; Manifesta 8, Murcia, Espagne; La Galerie d'art Guilde, Mumbai; Stedelijk Museum Bureau Amsterdam, Pays-Bas; Al Riwaq Art Space, Manama, Bahreïn; Institut Kunst-Werke pour l'art contemporain, de Berlin et de la 11e Biennale internationale d'Istanbul. En 2003, elle a reçu le Prix de Peinture Kentertainment au Liban et sa vidéo « Rawane's Song » a reçu le prix 2007 du jury au VideoBrasil. Elle est lauréate du prix Uriot à la Rijksakademie, et a été nominée pour le Prix Volkskrant aux Pays-Bas en 2009. Plus récemment, elle a été finaliste pour le Prix Art groupe Abraaj 2015.