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La condition de réfugié est aujourd'hui devenue universelle. Cette condition a tendance à seulement considérer les réfugiés comme des individus fuyant un endroit pour un autre, ayant besoin de nourriture, de soins et d'abris. Les réfugiés ne sont jamais perçus comme ce qu'ils sont vraiment : des communautés d'origines culturelles fortes, dans des situations trop dramatiques pour continuer à exercer, à construire et à s'engager dans un projet civique commun. À cet effet, les réfugiés ont besoin de construire une vie et une culture qui sont en mesure de maintenir la connexion avec leur patrie perdue, sans être hantées par des fantômes de leur passé.

 

Le Harajeh est une histoire qui raconte le concept architectural d'un espace commun qui se distingue d'autres formes d'espaces publics. Le premier épisode raconte une des histoires d'un espace commun de refuge, posant de nombreuses questions similaires et universelles : Peut-on aujourd'hui réfléchir à des espaces communs de refuge avec un engagement civique commun ? Si oui, comment ces endroits seront donc reliés aux histoires perdues et aux expériences partagées des réfugiés, sans mentionner uniquement le passé ou le futur ?

 

L'histoire de Harajeh utilise un langage et des illustrations qui mélangent fiction et réalité, entre langage enfantin et terminologie architecturale comme moyen de décrire une condition complexe de manière simple, avec tous les risques associés. Le but est de révéler un espace d'architecture oublié et négligé par les enfants et les architectes, et de contribuer à la notion d'espace commun dans une perspective différente du cadre occidental ou de la définition de l'espace public.

 

 

À propos de l'artiste

Sandi Hilal est un architecte et chercheur. Elle a dirigé le Programme d'amélioration des camps en Cisjordanie (2008-2014), pour l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Elle est membre fondateur et co-directeur de DAAR, un bureau d'architecture et d'un programme de résidence artistique qui combine spéculations théoriques et interventions architecturales. DAAR a reçu le Prix Claus pour l'architecture, la Fondation Grant pour les Initiatives Artistiques, retenu pour le prix Iakov Chernikhov et a été présenté dans diverses biennales et musées du monde entier (www.decolonizing.ps).

 

Parallèlement à la recherche et la pratique, Hilal est engagée dans la pédagogie critique. Elle est membre fondateur de « Campus dans les camps », un programme éducatif expérimental dans le camp de réfugiés de Dheisheh  à Bethléem (www.campusincamps.ps). Elle est co-auteur du livre Architecture après la Révolution (Sternberg, Berlin 2014), une invitation à repenser les luttes actuelles pour la justice et l'égalité, non seulement du point de vue historique de la révolution, mais aussi de celui d'une poursuite de la lutte pour la décolonisation.

 

Hilal est co-courateur de différents projets de recherche sur la condition urbaine contemporaine tels que les Border Devices (2002-2007) Multiplicity (2001-2003) et Stateless Nation (avec Alessandro Petti, 2002-2007). Ses projets ont été publiés dans des journaux et magazines nationaux et internationaux, y compris le New York Times, Il Manifesto, Al Ayyam, Al-Quds, Art Forum et Archis. Hilal a été invitée à des conférences dans plusieurs institutions et universités entre autres: Tate modern de Londres, l'Université de Columbia, l'Université d'Exeter, l'Université américaine de Beyrouth, l'Université de Londres, Forum mondial Art Dubaï, Bard College de l'Université de New York.